Licence de lettres : quand la lecture devient un cursus

La licence de lettres est un diplôme national délivré par les universités : trois années d’études après le baccalauréat, validées par 180 crédits européens. Sa mention officielle s’intitule « Lettres », et chaque établissement la décline en parcours (lettres modernes, lettres classiques, parcours ouverts sur les arts). Elle conduit aux masters, aux concours de l’enseignement et aux métiers du livre.
Du plaisir de lire à la licence de lettres : ce qui change
Un grand lecteur arrive en fac avec un atout réel : l’habitude des livres, l’endurance, une mémoire des intrigues et des styles. La différence tient au regard porté sur le texte. En licence de lettres, vous ne choisissez plus seul vos lectures, un programme les fixe semestre après semestre, et chaque œuvre devient un objet d’étude : sa composition, sa langue, son époque, la manière dont elle a été reçue.
Le rythme surprend aussi. Des œuvres intégrales à lire pour chaque enseignement, des articles critiques, des textes anciens à côté de romans contemporains : la lecture devient plus rapide et se fait crayon en main. Le commentaire et la dissertation, croisés au lycée, deviennent les exercices de référence, avec une exigence nouvelle de précision dans les citations.
Si votre bibliothèque penche vers le contemporain, prenez un peu d’avance sur les siècles anciens grâce aux conseils pour savoir par où commencer avec les classiques. Les premiers mois en seront plus doux.
Lettres modernes, classiques ou tournées vers les arts : une mention, plusieurs parcours
Le diplôme porte un seul nom, la mention Lettres, décrite au niveau national par la fiche RNCP40114 que France compétences a publiée le 27 janvier 2025, au niveau 6 du cadre national des certifications. Chaque université bâtit ensuite ses propres parcours, et la fiche le prévoit noir sur blanc : certains établissements déclinent, précisent ou complètent les compétences communes de la mention.
Dans les faits, trois familles reviennent souvent :
- les lettres modernes, centrées sur la littérature française du Moyen Âge à l’époque contemporaine, la littérature comparée et l’étude de la langue ;
- les lettres classiques, qui ajoutent le latin et le grec ancien, lus en langue originale puis traduits ;
- des parcours tournés vers le théâtre, le cinéma ou les arts plastiques, étudiés en lien avec les courants littéraires.
Les intitulés changent d’une université à l’autre, et le choix intervient tantôt dès la première année, tantôt plus tard, au gré des options. Lisez donc la maquette de chaque formation plutôt que son seul titre : deux parcours de lettres modernes peuvent accorder une place très différente à la linguistique ou aux langues anciennes.

De la liste des universités au dossier de candidature
La licence mention lettres se prépare à l’université, au sein d’une UFR de lettres, de langues ou de sciences humaines. La fiche nationale énumère plusieurs dizaines d’universités habilitées à la délivrer, en métropole comme outre-mer. Elle ouvre aussi la certification à l’apprentissage, à la formation continue et à la validation des acquis de l’expérience, en plus du parcours étudiant classique.
Vos lectures indiquent une direction : Virgile et Homère mènent aux lettres classiques, le roman contemporain aux lettres modernes. Vous confrontez ensuite cette intuition à l’offre réelle grâce à Diplomeo, qui présente la licence mention lettres sur cette page : la fiche aligne les établissements qui délivrent la mention, y compris ceux qui l’enseignent à distance, chacun avec un court résumé, puis décrit les matières, la procédure d’entrée et les qualités attendues des candidats. Lus crayon en main, comme vous annoteriez un roman, ces résumés font vite ressortir les nuances : davantage de latin ici, une ouverture vers le théâtre ou le cinéma là.
Votre liste de vœux y gagne en précision, et vos questions aux journées portes ouvertes aussi : demandez à quel semestre se choisit le parcours, quelle place tiennent les langues anciennes et si un stage figure dans la maquette.
Une candidature par la procédure nationale
Pour une entrée en première année, la candidature passe par la plateforme nationale Parcoursup, procédure de préinscription prévue par l’article L612-3 du Code de l’éducation. Ce texte ouvre le premier cycle à toute personne qui détient le baccalauréat ou un titre admis en équivalence. La fiche de service-public.fr sur la première inscription dans le supérieur, vérifiée le 7 mars 2025, range la licence parmi les formations non sélectives et indique que les vœux, dix au maximum, se formulent sans classement.
Non sélective ne veut pas dire sans lecture du dossier. Quand les candidatures dépassent les capacités d’accueil, l’université retient les candidats selon la cohérence entre leur projet, leurs acquis et les caractéristiques de la formation. Elle peut aussi subordonner l’inscription à un dispositif de soutien pédagogique ou à un parcours de formation personnalisé, la réponse « oui si » bien connue des lycéens. Votre projet de formation motivé compte donc : parlez de ce que vous lisez, de ce que vous en tirez, d’un auteur qui a déplacé votre regard.
Les attendus nationaux, une grille à lire de près
Les caractéristiques de chaque formation, présentées aux candidats sous forme d’attendus nationaux, font l’objet d’un cadrage fixé par arrêté du ministre chargé de l’enseignement supérieur, selon le même article du Code de l’éducation. Pour vous y préparer, la fiche RNCP donne la direction : analyser des textes de toutes les époques, manier l’écrit et l’oral avec aisance, argumenter avec esprit critique, travailler en autonomie comme en équipe.
Trois années de textes : ce qu’enseigne la licence de lettres
Le cadre est fixé par l’article D612-32-5 du Code de l’éducation : 180 crédits européens au-delà du baccalauréat, des parcours types organisés sur trois années. Le contenu varie selon les universités, autour d’un socle commun que décrit la fiche RNCP.
| Domaine | Ce que vous y travaillez |
|---|---|
| Littérature française | Œuvres du Moyen Âge à l’époque contemporaine, replacées dans leur contexte |
| Littérature comparée et francophone | Textes d’autres aires linguistiques, lus en regard des œuvres françaises |
| Langue française | Grammaire, stylistique, linguistique, ancien français selon les parcours |
| Langues anciennes | Latin et grec ancien, au cœur des lettres classiques |
| Méthodologie | Commentaire, dissertation, synthèse, recherche documentaire |
| Ouvertures | Théâtre, cinéma, arts plastiques, langue vivante étrangère |
L’histoire littéraire sert de fil conducteur : mouvements, genres, réception des œuvres, transmission d’un patrimoine de l’Antiquité classique à l’époque contemporaine. La littérature comparée élargit le corpus au-delà des frontières, quand l’étude de la langue apprend à décrire précisément un usage, un registre, une tournure.

La fiche nationale ajoute des compétences très actuelles : repérer les biais d’un discours, détecter les stratégies de désinformation, réfléchir aux nouvelles façons de produire le savoir, intelligence artificielle comprise. La lecture rapprochée, en somme, appliquée à tout ce qui s’écrit et se diffuse.
Côté évaluation, la fiche prévoit contrôle continu, examen terminal ou les deux ; la place des stages dépend de chaque université.
Pour votre bibliothèque de travail, sachez qu’une large part des œuvres médiévales et classiques étudiées appartient au domaine public, avec des éditions numériques légales dont les sources sont détaillées dans l’article sur les livres du domaine public. En cours, gardez toutefois l’édition demandée par l’enseignant : sa pagination et son appareil critique servent de référence commune.
Masters, concours, métiers du livre : où mènent les études de lettres
La fiche RNCP présente la licence comme une préparation à la poursuite d’études en master autant qu’à l’insertion professionnelle. Elle liste les emplois accessibles dès la sortie :
- chargé de rédaction ;
- rédacteur-réviseur ;
- assistant de médiation culturelle.
Avec trois à cinq ans de métier, d’autres postes s’ouvrent selon la fiche : chargé de communication, chargé d’édition, chargé d’études documentaires, journaliste. Les codes ROME associés couvrent notamment la préparation et la correction en édition et presse, la gestion de l’information et de la documentation, l’animation culturelle.
Les concours de l’enseignement, désormais en fin de licence
Pour enseigner le français au collège ou au lycée public, il faut réussir un concours : le Capes, dont l’une des sections porte sur les lettres, ou l’agrégation, tournée vers le lycée et les classes préparatoires. Selon le site ministériel Devenir enseignant (page sur le Capes, actualisée en octobre 2026), le niveau exigé pour le concours externe descend, depuis la session 2026, au bac+3 : une inscription en L3, ou la licence déjà obtenue, au moment où tombent les résultats de l’admissibilité, ouvre le droit de concourir. Un concours externe à bac+5 reste organisé pendant une période transitoire, sur les sessions 2026 et 2027.
Les lauréats suivent ensuite le master enseignement et éducation, deux années qui alternent cours universitaires et stages. Le même site recommande une licence qui propose un parcours enseignant ou des modules de préparation aux concours : un critère concret pour départager deux universités.

Édition, librairie, bibliothèques : des métiers à construire
Les métiers du livre attirent naturellement les grands lecteurs, mais ils se préparent : les postes d’édition demandent souvent une spécialisation en master et une expérience de terrain, stage en maison d’édition, emploi étudiant en librairie, bénévolat en médiathèque ou dans un festival littéraire.
D’autres masters prolongent les études de lettres vers la recherche, la communication, la documentation ou le français langue étrangère, avec une entrée sur candidature.
Diplomeo, d’où vient cette fiche ?
La fiche citée plus haut est éditée par Diplomeo, une plateforme d’orientation centrée sur l’enseignement supérieur, qui publie des fiches de diplômes, présente des écoles et des établissements et informe sur les admissions. Basée à Paris, la marque appartient au groupe HelloWork, d’après sa page LinkedIn officielle. Pour la licence mention lettres, sa fiche vous sert surtout à comparer : les universités qui proposent la mention, l’existence d’une formule à distance, le résumé de chaque formation, les matières enseignées et le déroulement de l’admission. Le diplôme, lui, reste délivré par les universités accréditées, et l’entrée obéit aux règles de la procédure nationale décrite plus haut.
Avant la rentrée : entraîner votre regard de lecteur
Les mois qui précèdent la rentrée se prêtent à un entraînement sans pression. Variez d’abord les époques : un récit médiéval en traduction moderne, une tragédie du dix-septième siècle, un recueil de poèmes, un roman du vingtième siècle. Les genres que vous fréquentez peu, la poésie et le théâtre en tête, sont souvent ceux qui dépaysent le plus en première année.
Changez ensuite de façon de lire. Après chaque livre, notez la date, l’édition, deux ou trois passages avec leur page et une impression en quelques lignes : voilà l’ébauche d’une fiche de travail, et la méthode pour tenir un carnet de lecture s’applique telle quelle aux œuvres au programme.
Si votre future UFR diffuse une liste d’œuvres pour la rentrée, commencez par elle et procurez-vous les éditions indiquées. Sinon, une question guide vos choix : quel siècle connaissez-vous le moins ?
Licence de lettres : vos questions
Où préparer la licence mention lettres et quelles sont les conditions d’admission ?
La licence mention lettres se prépare à l’université, dans une UFR de lettres ou de sciences humaines, et certaines universités la proposent à distance ; Diplomeo liste sur sa fiche les établissements qui l’ouvrent. L’article L612-3 du Code de l’éducation ouvre le premier cycle à tout titulaire du baccalauréat ou d’un titre admis en équivalence, comme le DAEU. La candidature passe par la plateforme nationale Parcoursup : dossier scolaire, projet de formation motivé et cohérence avec les attendus de la mention.
Faut-il une spécialité particulière au lycée pour viser une licence de lettres ?
Non, aucun texte n’impose une spécialité précise : la licence reste ouverte à tout bachelier. Les équipes pédagogiques regardent en revanche la cohérence entre votre parcours et la formation. La spécialité humanités, littérature et philosophie, celle qui porte sur les langues anciennes pour les lettres classiques ou une langue vivante approfondie forment une préparation naturelle. Un candidat venu d’une autre filière peut tout à fait postuler : son projet motivé devra alors montrer une pratique régulière de la lecture et de l’écriture.
Le Capes de lettres se prépare-t-il dès la licence ?
Oui. Depuis la session 2026, un étudiant de L3 peut se présenter au concours externe du Capes, indique le site ministériel Devenir enseignant. Certaines universités intègrent un parcours enseignant ou des modules de préparation aux épreuves dans leur licence de lettres. Un lauréat dont la licence n’est pas encore validée peut conserver le bénéfice du concours pendant un an. Il entre ensuite en master enseignement et éducation, deux années qui alternent cours et stages.
Une licence de lettres se suit-elle à distance ?
Oui, plusieurs universités proposent la mention lettres à distance, une formule utile aux adultes en reprise d’études. Service-public.fr rappelle que l’enseignement à distance couvre le supérieur jusqu’au niveau bac+5, qu’il mène à des diplômes reconnus par l’État et que les démarches d’inscription varient d’un organisme à l’autre. Comptez sur une vraie discipline personnelle : sans le rythme des cours en présentiel, c’est à vous de tenir le calendrier de lecture et de rendre les devoirs à temps.